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les nationalisations de 1946
 

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Une action symbolique : les nationalisations de 1946

Après la guerre, la version définitive du GAN nait des nationalisations des plusieurs compagnies d’assurances qui ont participé à l’épopée industrielle en France. Il s’agit de la période la plus palpitante de l’histoire du GAN avec la création d’une grande compagnie d’assurance moderne à la hauteur d’enjeux d’envergure internationale.

 
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Le débat sur les nationalisations apparaît en 1911, au congrès du Parti socialiste tenu à St Quentin. Ses partisans sont Vincent Auriol, futur président de la IVe République, et Jules Moch, qui occupera d’importantes fonctions ministérielles.

La volonté d’une emprise directe sur le secteur de l’assurance, renforcée par le climat politique de la Libération, est à l’origine de la nationalisation des onze principaux groupes de sociétés d’assurances par la loi du 25 avril 1946, et notamment des compagnies de la Nationale et du Groupe Soleil-Aigle-CGR à l’exception de la Tutélaire et la Caisse Fraternelle de Capitalisation. Les groupes nationalisés éclatent et un président est nommé à la tête de chaque société. La loi institue le Conseil National des Assurances, organisme consultatif doté de pouvoir de décision, composé par des représentants de l’Etat, des assurés et du personnel de l’assurance. Enfin, est créé un établissement public, la Caisse Centrale de Réassurance, à laquelle toutes les compagnies doivent réassurer une partie de leurs risques.
 
Sur avis du Conseil National des Assurances, les sociétés nationales d’assurances conservent leur statut de sociétés commerciales et continuent donc d’appartenir à la Fédération Française des Sociétés d’Assurances (FFSA).

Dès l’entrée en vigueur de la loi du 25 avril, le ministre des Finances désigne alors de nouveaux administrateurs et nomme un Président-Directeur général pour chaque société nationalisée. Quatre P-DG différents remplacent en janvier 1947 M. Moreau-Néret, le président des « Nationales » : Pierre Ogiatti à la Nationale Vie ; Pierre de Seroux à la Nationale Incendie (remplacé à partir du 1er janvier 1953 par M. Devillez) ; Georges Lutfalla à la Nationale Risques Divers et Pierre Richard à la Nationale Crédit et Réassurance.

Dans le groupe Soleil-Aigle, la rupture apparaît moindre. Avant même 1946, Raymond Mazel délègue ses pouvoirs de directeur général à Charles de Chillaz dans les branches Vie et Incendie. Après la nationalisation, quatre P-DG prennent en charge les compagnies du groupe Soleil-Aigle-CGR : Charles de Chillaz pour les sociétés Incendie ; Albert Jurquet pour les sociétés Accidents ; Georges Bouquet pour les sociétés Vie et Capitalisation et M. Darcy pour la CGR.

Rapidement les pouvoirs publics prennent conscience des inconvénients de cet éclatement et amorcent une politique graduelle de « reconcentration » des anciens groupes. Le décret du 15 décembre 1949 permet à certaines sociétés d’assurances nationalisées, sur décision du ministre de tutelle, d’avoir des administrateurs communs et éventuellement le même président. Dans les faits, la notion de groupe n’a en réalité jamais totalement disparu. Les structures antérieures restent en place malgré la nationalisation et les groupes formés par l’histoire conservent leur personnalité. La Nationale se caractérise toujours par la prédominance accordée au pôle Vie. Le Soleil-Aigle, pour sa part, reste très attaché au marché de l’assurance incendie.


Avec le Marché Commun et l’élargissement des échanges, la reconcentration va s’accélérer. Le 23 décembre 1964, Valéry Giscard d’Estaing, alors ministre des Finances et des Affaires Economiques, décide ainsi la constitution du Groupe des Sociétés nationalisées « la Nationale Incendie, la Nationale Vie et la Nationale Risques Divers » qui finira par la fusion totale de ces entités en juin 1967.

D’un autre côté, les onze sociétés de l’ensemble Soleil-Aigle finissent elles aussi par fusionner.

Enfin, le 20 octobre 1967, Michel Debré décide la constitution d’un groupe comprenant : l’Aigle Incendie, le Soleil Incendie, l’Aigle Vie, le Soleil Vie, la CGR Vie, le Soleil-Aigle Capitalisation sous l’autorité d’un président unique. La concentration est en marche et prépare la fusion qui donnera naissance au Groupa des Assurances Nationales (GAN), le 17 janvier 1968.

Dans l’après-midi du 17 janvier, tombe une nouvelle inattendue. Le Conseil des ministres annonce la concentration des compagnies d’assurances nationalisées en quatre groupes : le Groupe des Assurances Nationales (GAN), l’Union des Assurances de Paris (UAP), les Assurances Générales de France (AGF) et des Mutuelles Générales Françaises (MGF).
 

L’émergence d’une identité nouvelle

L’émergence d’une identité nouvelle : logo Gan
La décision surprise de Michel Debré en 1968, si elle donne naissance au GAN, sera longue à passer dans les faits. Outre le poids de l’héritage des cultures préexistantes, le regroupement des compagnies Nationale, Soleil-Aigle et Caisse Fraternelle de Capitalisation au sein de trois entités spécifiques, les Assurances Nationales Vie, IARD et Capitalisation, ralentira l’émergence d’une identité globale du GAN. Pourtant celle-ci s’affirme progressivement au cours des années 70 : la création de services centraux et l’élargissement de leurs compétences, la mise en place d’une politique internationale unique à partir de 1976, le développement de la fonction commerciale, avec la convergence croissante des clientèles, concourent à la constitution d’un véritable Groupe. Elle trouve sa consécration à la fin des années 1980 avec le projet d’entreprise « GAN 2000 » et une réforme de structures substituant à la répartition par branches six directions fonctionnelles.
 

GAN sponsor du cyclisme

GAN sponsor du cyclisme
En 1972, pour mieux faire connaître son logo et son appellation, et afficher une image dynamique, le GAN décide de sponsoriser une équipe de coureurs cyclistes, l’équipe Mercier. Déjà, depuis plusieurs années, le GAN avait lancé plusieurs opérations de communication originale, en parrainant par exemple le maillot blanc du « combiné » du Tour de France. Dirigé par Louis Caput, un groupe de quinze coureurs est mis sur pied autour de Cyrille Guimard et surtout du légendaire « Poupou », Raymond Poulidor, qui court pour la dernière année, avant ses adieux au cyclisme professionnel. L’équipe quitte son traditionnel maillot violine et revêt, pour la circonstance, les trois couleurs du GAN de l’époque, bleu turquoise, blanc et bleu outre-mer, que Raymond Poulidor n’endosse pas sans émotion. Tout au long de l’année, l’équipe GAN-Mercier se taille de nombreux succès dans les courses et critériums. Félix Lévitan, le directeur du Tour de France écrit même : « Oui ! le GAN a bien choisi en s’associant aux cycles Mercier, vieille firme stéphanoise, fer de lance de l’industrie du cycle. Déjà solidement implanté dans l’Hexagone, le GAN peut aujourd’hui reprendre à son compte, en l’adaptant, le mot de Tristan Bernard : « Quand le GAN passera, la France sera sur le pas de sa porte ! ».
 
Mondial Assistance
Cette évolution prend corps face au vaste bouleversement de l’environnement des assurances qui intervient au tournant des années 1980. Le GAN subit alors un tassement de ses parts de marché. Pourtant grâce à ses fortes positions en assurance vie, il bénéficie de l’essor des assurances collectives durant la première moitié de la décennie et essaye d’adapter ses produits aux nouveaux comportements des épargnants. De façon originale, il s’engage dans la diversification du service offert aux assurés, en imaginant des formules d’assistance comme Mondial Assistance, qui se taille un beau succès à partir de 1974, ou la Société Française de Protection Juridique (SFPJ) créée en 1981.
 

GAN, promoteur du patrimoine immobilier parisien

GAN, promoteur du patrimoine immobilier parisien
La concentration administrative nécessite de nouveaux locaux. Il apparaît, en effet, que ni la rue Châteaudun (siège du Soleil-Aigle), ni la rue Laffitte (siège de la Nationale) ne permettent le regroupement complet des services. Quant au joyau du Groupe, les bâtiments de la rue Pillet-Will ne convient pas pour accueillir un grand nombre de collaborateurs.

Le 24 novembre 1969 le conseil d’administration décide de présenter la candidature du Groupe à la souscription ouverte par l’Etablissement Public pour l’Aménagement de la Défense (EPAD) en vue de la construction de la tour CB21, propriété du GAN.

Le GAN a ainsi participé à l’essor et à la réussite du premier centre tertiaire de la capitale. GAN choisit comme architecte l’agence américaine Abramovitz et Harrisson, auteur du siège du Rockfeller Center à New York. En association avec l’architecte français Jean-Pierre Bisseuil, elle définit le parti architectural du bâtiment. Par son volume cruciforme s’élevant à 190 mètres de haut, la tour doit faire contraste avec la première génération des tours de La Défense. En 1972, le chantier s’ouvre, suscitant l’admiration par la célérité avec laquelle les travaux sont menés. Grâce au système de coffrage glissant, inédit jusqu’alors, la construction du noyau central de la tour se déroule nuit et jour, en plein hiver, au rythme d’un étage par 24 heures. Mais l’apparition de ce noyau central dans la prestigieuse perspective de l’arc de triomphe de l’Etoile suscite, dans le courant de l’été 1972, la fameuse « querelle des tours de La Défense », dans un contexte de remise en cause générale de l’architecture moderne et de ses conséquences sur l’équilibre de la ville. Malgré l’intervention personnelle de Valéry Giscard d’Estaing alors ministre de l’Economie et des Finances, la tour ne perd que 3 étages sur le plan prévu.

La couleur verte de la tour n’a pas été choisie au hasard mais pour l’harmonie que le vert offre avec les gris et les bleus des cieux de l’Ile-de-France et le peu de déformation qu’il procure lorsque l’on regarde au travers.

La tour a été vendue par Groupama (alors actionnaire principal de GAN) en 2008 en raison des travaux importants de modernisation prévus.
 
Les années 80 marquent une accélération des mutations touchant le monde des assurances. Grâce notamment au recul de l’inflation, l’assurance vie explose dans tous les sens du terme. Cette croissance du marché en vie suscite l’apparition de nouveaux acteurs, comme les banques, dans un contexte d’internationalisation et de déréglementation générales, à la veille du Grand Marché européen de 1993.

Le GAN relève dans la 2nde moitié des années 1980, le défi de cette nouvelle donne nationale et mondiale. Le Groupe renouvelle son image et celle de ses produits avec la campagne « L’énergie de tous les projets », se place de manière favorable sur l’ensemble des canaux de distribution de l’assurance grâce à la constitution d’un groupe de « bancassurance » avec le CIC à partir de 1989, élargit enfin ses positions internationales, en Europe, Outre-Atlantique et en Extrême-Orient.
 

La renaissance de l’international

GAN dans le monde
Les compagnies à l’origine du GAN ont souffert des conséquences politico-économiques de la 2nde Guerre Mondiale, les implantations de la Nationale au Proche-Orient et en Europe Centrale ayant disparu ainsi que les activités en Afrique du Nord et d’Afrique noire. Les compagnies Soleil-Aigle n’avaient quant à elles qu’une activité IARD limitée en Italie, Espagne et Belgique.

A sa création, le GAN dispose donc d’un ensemble d’activités internationales limité géographiquement et plutôt déséquilibré. Un tournant a lieu en 1976, la direction du GAN prenant conscience du retard du Groupe par rapport à ses principaux concurrents. Le résultat est spectaculaire, en 10 ans, le bilan du renouveau international est considérable avec des activités présentes dans 16 pays (du Japon aux USA en passant par la Grande-Bretagne, la Turquie, l’Afrique…)
 

L’héritage d’un savoir-faire dans l’accompagnement des PME-PMI

Le GAN hérite, en 1968, d’un riche portefeuille de PME, apporté en grande partie par les Agents généraux. En contrepartie, sa situation est moins assise en ce qui concerne les grands risques que négocient pour l’essentiel les courtiers. L’orientation commerciale du GAN à l’égard des entreprises consiste d’abord à proposer systématiquement le regroupement des garanties au sein de polices multirisques, aussi bien pour les commerces que pour les industries, une tendance générale dans le monde des assureurs. Tout en maintenant et en développant le service de contrats d’assurances spécifiques, à l’image du bris de machines par exemple, mais aussi de nouveaux risques comme ceux liés à l’informatique. Enfin, de façon originale, le GAN s’engage précocement dans des secteurs élargissant le service et la fonction d’assistance que procure l’assurance.
 

La Fondation GAN pour le Cinéma

Fondation Gan pour le cinéma
« Peut-être êtes-vous surpris de voir le nom du GAN associé à celui de la Cinémathèque française, au moment où elle fête son cinquantième anniversaire. Le mécénat fait partie des réalités de notre temps. Aujourd’hui, un grand nombre d’entreprises s’intéressent directement à l’animation culturelle. J’ai voulu que le GAN fasse partie de celles-ci », déclare le président du GAN Bernard Attali en 1986.

La Fondation GAN pour le Cinéma, créée en mai 1987 lors du Festival de Cannes, se fixe un triple objectif : appui à la restauration des films en danger, soutien à la création cinématographique actuelle, aide à la diffusion. L’Association pour le mécénat d’entreprise, avec une mention spéciale en 1988, l’Union des annonceurs en 1990, décernant la distinction suprême d’un Phénix d’honneur au GAN, pour « la cohérence et la continuité de son engagement dans le parrainage », récompensent l’action originale et persévérante du GAN pour le soutien du 7e Art. Comme le résume la Fondation à l’époque : « Empêcher que des films meurent, aider d’autres films à naître ».
 

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